Je quitte les Philippines ce soir. Soyons honnêtes : ce n'est pas le pays que j'aurai le plus apprécié. Outre une ou deux mésaventure matérielle qui ont terni le séjour (vol d'affaires que je n'ai pas évoqués sur le blog, car c'est d'un intérêt limité), le rapport avec les Philippins est difficile. Difficile car l'étiquette, le respect et certaines valeurs sont différentes des valeurs occidentales. Des "hey Joe!" et sifflements intempestifs aux rots en plein visage, des discussions avec des gens ivres aux questions ineptes, je n'ai cessé d'être confronté à une différence de culture plus grande que je ne l'imaginais.
Un matin, assis au milieu de plusieurs jeunes qui avaient fêté toute la nuit et devaient gérer leurs parents ou amis saouls ou ivres de fatigue, je me suis fait la réflexion qu'il n'est pas étonnant que les japonais arrivant aux Philippines se soient sentis un peuple supérieur. Car si la culture, la politesse, le respect, les arts, l'élégance dans le fond et la forme ne sont pas essentiels pour produire sa nourriture et survivre jusqu'au lendemain, ces éléments apportent un cadre rendant l'existence plus douce.
Les Philippines ayant peu de ressources énergétiques, le pétrole est selon moi extrêmement cher : le litre se situe à 60 pesos environ, soit 1 euro. Cela équivaut au coût d'un repas économique (imaginez le litre d'essence en France à 8 €!). De ce fait les transports sont coûteux, et cela se répercute sur le coût de la vie en général ; d'où le fait que les Philippines ne soient plus un pays si bon marché que cela (surtout pour les voyageurs étant passés en Inde auparavant).