2 mai 2011

Pinoy, qui êtes-vous?

Après quelques semaines aux Philippines, quelques bonnes lectures sur l'histoire mouvementée de l'archipel et des discussions à cœur ouvert avec des filipins, on se rend compte d'une ambivalence très marquée entre l'envie de partir et la fierté d'être pinoy.

Envie de partir car depuis l'époque de Marcos, de la loi martiale, la corruption n'a de cesse de dégrader les conditions de vie des filipins. La présidence de María Corazon Aquino, première femme présidente et veuve du héro national Ninoy Aquino, n'a malheureusement pas réussi à nettoyer le gouvernement et l'armée de leurs abus de pouvoir.  Les paysans se souviennent douloureusement du comportement de certains militaires, prenant leur nourriture, les battant, agressant les femmes.
Depuis la fin de la loi martiale et l'ouverture sur le monde, les filipins partent en grand nombre travailler à l'étranger ; ils savent donc combien la vie peut être douce et combien il est possible de réaliser ses rêves dans un pays en paix, sans corruption.

D'un autre côté, les filipins n'échangeraient jamais leur nationalité contre une vie plus facile. Ils chérissent leur pays, ses richesses et sa culture. Être pinoy est devenu une marque, que l'on arbore sur des t-shirts aux slogans écrits en anglais ou filipino, et je n'ai jamais vu autant de gens porter des T-shirt au nom d'une plage, ville ou région des Philippines. Même ceux partis à l'étranger semblent garder cette fierté pinoy. C'est un sentiment que je n'avais pas ressenti dans les pays voisins.

Une bande dessinée intéressante mêle ces réflexions avec l'histoire de jeunes gens nés à l'époque de Marcos. Ça se nomme Martial Law Babies et ça se lit d'une traite, comme une bd légère mais profonde, divertissante mais intéressante.

Note : Pinoy est le terme utilisé pour désigner les philippins et les philippines, qu'ils résident aux Philippines ou à l'étranger.