30 avril 2011

Et de 1!

Grâce à l'aide de Gerald, via la gestion du parc, je viens de planter mon premier arbre. En réalité nous en avons planté plusieurs, mais au vu de l'effort de ma part, ça ne compte que pour un!
Un 'maran', tout petit à côté de son tuteur
Le maran est un arbre fruitier originaire du sud des Philippines, au fruit apparemment sucré.

29 avril 2011

Bétel et ananas

Le palmier qui donne les noix de bétel ou moma

Voici à quoi ressemble un arbre donnant des noix de bétel.




















Et voici, pour ceux qui comme moi n'en n'avaient jamais vu, un ananas "sur l'arbre" :

27 avril 2011

Mariage (1) - L'Aller


Je conçois que c'est un peu sombre sur la fin, et que l'on ne voit pas la lumière... c'est l'intention qui compte! Une fois arrivés nous avons mangé, et morts de fatigue nous n'avons pas célébré toute la nuit comme beaucoup l'on fait.

26 avril 2011

Couleur café

Le parc produit principalement du café robusta, et souhaite se tourner vers l'arabica. Il est intéressant de noter que de la récolte des grains à leur mouture, tout est fait à la main : la torréfaction est par exemple effectuée dans un pot en terre, sur feu de charbon de bois. Le "tout machine" n'a pas sa place ici, pas seulement par manque de moyen mais aussi par choix.


24 avril 2011

Julia Campbell Memorial Park

Après quelques recherches sur le woofing aux Philippines, j'entre en contact avec un petit village situé dans les montagnes, qui produit du café. Le café ne poussant pas à découvert mais sous de grands arbres, le parc s'est constitué en agro-forêt, avec l'aide des US Peace Corps.

Ces derniers ont notamment souligné la présence de civettes (anciennement appelé chat musqué), petit animal dont la particularité est de manger les grains de café les plus mûrs ; ne digérant que la chair, on retrouve les grains dans ses fèces qui une fois torréfiées donnent un café au goût délicieux (et qui coûte une fortune). Le village a donc trouvé sa source de revenus.

Je vous invite à visiter le site du Julia Campbell Agro-Forest Park pour en découvrir davantage sur les civettes et le travail de réhabilitation effectué par la famille de Gerald Puguon. Les volontaires sont également les bienvenus!

23 avril 2011

Complainte du voyageur

Pour l'heure, je dois me loger dans la bourgade de Lagawe, où je visite l'un des hôtels les plus miteux et lugubre que j'ai vu aux Philippines. Jusqu'à présent les hôtels que j'ai fréquentés étaient modestes, plus ou moins propres mais dans l'ensemble acceptables. En Asie il suffit en général de demander à visiter la chambre avant de se décider ; cela permet de négocier le tarif ou d'aller trouver son bonheur ailleurs.
Les tenanciers sont en général peu loquaces, peu intéressés par les commentaires de leurs clients, et connaissent la qualité de leur prestation au tarif qu'ils offrent. Le point où je veux en venir est qu'il ne sert pas à grand chose de leur dire que le papier peint est décrépi ou que ceci ou cela mériterait d'être nettoyé. Leur dire déclenche au mieux une grimace ou un grognement de leur part, mais certainement pas de réponse en bonne et due forme et surtout pas d'excuses (dieu que la politesse japonaise me manque!).
Et pourtant, dans un hôtel visité à Lagawe, je n'ai pu m'empêcher de me plaindre. Probablement parce que j'étais un peu cassé par la chaleur, fatigué par la marche pour trouver cette auberge du bout du monde, (dés)orienté par des locaux ne connaissant pas leur propre ville.
J'entre dans l'établissement, cherche parmi les 3 ou 4 badauds la personne susceptible d'être responsable ; je demande à visiter la chambre, et l'on me guide vers le fond de la bâtisse, en passant par un escalier d'autant plus étroit qu'une demi-douzaine d'hommes semblent y jouer un jeu d'argent. Au demi-sous-sol se trouve ladite chambre, dont l'aspect miteux n'est contrasté que par l'obscurité qui l'habite. Un coup d'œil à la salle de bain continue de confirmer l'impression qu'on ne peut ressortir que plus sale de cette pièce, autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Une envie de suicide toucherait le plus heureux des hommes s'il était amené à dormir dans cette chambre ; l'énergie qui se dégage de ce lieu est l'énergie du désespoir.
La fatigue m'amène à hésiter une seconde sur le fait de prendre la chambre pour la nuit, quittant le bourg à la première heure le lendemain ; mais pas au tarif proposé, exorbitant pour un endroit si crasseux. Je commence vaguement à négocier... négociation qui se solde par un échec. D'où je prends mon sac et quitte ce tripot, non sans expliquer à la tôlière qu'une piaule sale à ce point ne vaut pas la moitié du prix qu'ils en demandent.
Étant plutôt réservé ce n'est pas dans mes habitudes, mais cette fois-ci, les circonstances l'exigeaient.

22 avril 2011

Banaue

Le nord de Luzon est souvent représenté par la ville de Banaue, associées aux spectaculaires rizières en terrasses. Certaines terrasses - notamment Bataad - sont inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco.
Taillées dans le flanc de la montagne par les Ifugao il y a 2 000 ans, ces terrasses montent vers le ciel comme les marches d'un gigantesque escalier.



D'un point de vue plus pragmatique, le seul moyen de cultiver dans cette région montagneuse est de constituer des terrasses. C'est pourquoi dès la ville de Baguio, on aperçoit de très nombreuses terrasses où poussent de nombreux légumes. Banaue a fait sa renommée en n'hébergeant que des rizières, ce qui donne des tons verts, jaunes, ou des reflets d'eau selon la saison.

Repiquage en cours

Il est possible de se déplacer "au sec" en marchant sur les murets en terre ou en pierre des terrasses


Terrasse pyramidale

Histoire de tête de lit

Chaque chambre d'hôtel a son histoire, plus ou moins glorieuse... certains mobiliers en sont parfois marqués!
Au vu des dates sur le lit et le chambranle de porte,
 la chambre n'est pas de première jeunesse ;)

Moma spitting area

Mais qu'est-ce donc? Eh bien ce n'est pas l'endroit où les 'mamas' se réunissent pour cracher... car tout le monde crache un peu n'importe où ici, et pas seulement les big mamas.
C'est la zone autorisée pour le crachat d'une noix à mastiquer, le moma. À l'image de la noix de bétel à Taiwan, certains filipins mâchent une noix accompagnée d'une feuille (dont je ne connais pas l'espèce) et de chaux.

Rapidement, les dents, gencives et lèvres du mâchouilleur deviennent rouge pourpre, presque couleur sang. C'est assez surprenant à voir la première fois, comme si la personne saignait de la bouche... sans parler des restes de dents défoncées dont la vue est elle aussi assez repoussante.

(Photo de Jennie Durant, issue de l'article http://www.jenniedurant.com/2007/02/112/, où Jennie raconte son expérience de mâchage de noix de bétel)

Revenons aux crachats et aux traînées rouges déposées sur la route, les trottoirs, murs... les villes essaient de limiter leur propagation, au moyen de ce genre de panneau :


L'hygiène buco-dentaire à encore du chemin à faire en Asie du sud-est...

21 avril 2011

Sagada -> Bontoc d'un pied léger


Afin de rejoindre Banaue, il faut passer par la ville de Bontoc, à 18 km de Sagada. Puisque j'ai le temps, je décide d'y aller à pieds. Il n'existe pas de chemin de randonnée aux Philippines, seulement des routes plus ou moins carrossées. Celle qui relie Sagada à Bontoc est du même acabit, 1 km bitumé pour 2 km de piste, parcouru par quelques vans de touristes, des jeepneys de locaux, et quelques camions... roulant pour beaucoup au pas, suivis par leur nuage de poussière.
Être un piéton dans ce environnement n'est pas toujours facile, et le masque est de rigueur pour se protéger de la poussière et fumée noire des véhicules.



Le paysage est par contre fabuleux, allant de monts en rizières, de belles vues sur du sacré dénivelé. Dénivelé négatif, ce qui réjouit notre joyeux marcheur, qui partant de 1500 mètres d'altitude arrive à Bontoc à 900 mètres d'altitude, en tout juste 4 heures.

Heureux marcheur


Yin Yang, deux chemins, une seule destination
C'était une belle journée de marche.

20 avril 2011

Cave connection

C'est la balade guidée à faire à Sagada. Les autres balades peuvent se découvrir à pied, sans guide, avec une petite carte du coin à 35 pesos. La cave connection commence à Lumian, qui veut dire cave en filipin, et se termine à Sumaging.
Carte de la cave connection de Lumiang à Sumaging

Cercueil orné de gecko sur le dessus

Mais tout d'abord une petite note culturelle sur les cercueils présents dans la cave. Ils ne sont pas enterrés, car une croyance locale dit que si l'âme est enfermée sous terre, elle ne pourra refaire surface. Les cercueils peuvent sembler de petite taille ; ce n'est pas parce que les gens étaient petits avant, mais à la position fœtale du défunt, position identique à celle de la naissance.
Sur les 1000 cercueils estimés à l'origine, seuls une centaine subsistent aujourd'hui ; cela est dû aux tremblements de terre, qui ont fait choir certains cercueils, aux pilleurs cherchant des objets précieux, mais aussi aux musées de la région de Mountain Province et Ifugao, qui souhaitaient exposer un cercueil.



Le guide et un couple de hollandais 
Les passages sont parfois... étroits!
Notre guide, Rod, nous assiste dans les passages délicats

Gâteau vanille-chocolat
Les filipins aiment laisser parler leur imagination






Une fine balade de 4 heures que je conseille à tous les touristes dans la région!

18 avril 2011

Terrasses de Sagada

Sagada est un petit village assez tranquille, où bien que le tourisme soit une importante source de revenu, on ne se sent pas agressé par les guides et autres agents touristiques. Les prix restent modérés (250 pesos soit 4 € environ pour une chambre), et les repas sont agrémentés de petits légumes, chose assez rare dans un pays où l'on ne mange d'habitude que du riz avec un bout de viande gras. Inutile d'espérer que ce soit des légumes frais (et bio!), mais on salue l'effort.

Sagada héberge des forêts de pins. L'odeur qui s'en dégage est toujours associée à nos Landes françaises, allez savoir pourquoi... une guide me dira plus tard qu'il ne sent plus l'odeur des pins tellement il y est habitué.

Ici et là se dresse des roches aux formes découpées par le temps... sous ces roches se trouvent des lieux de sépulture.
Cercueils suspendus

L'Église

Passage éclair à Baguio, ville de taille importante située à 1500 mètres d'altitude. Son élévation lui permet de conserver une température plus agréable que Manille qui dépasse les 30°C dès 8 heures du matin.
Vous avez dit chaos urbain?

Our Lady of the Atonement


La "faute originelle" est très présente ici aussi. Ça laisse malgré tout une impression étrange, comme s'ils étaient empreints d'une religiosité forte pour un dieu dont les origines leur sont éloignées géographiquement et temporellement. Car l'église philippine est assez récente comparée à la notre (500 ans environ, depuis l'arrivée de Magellan avec les Spaniards) ; à l'origine leurs croyances sont animistes et mystiques. À Banahaw on m'a souligné plusieurs fois que la population attribuait des pouvoirs à la montagne, que certaines personnes y venaient chercher pouvoirs et objets sacrés dans la ville de Dolores, au pied du mont. Des cérémonies s'y déroulent toujours, tous les ans. À celles-ci se sont ajoutés les croyances chrétiennes apportées par les missionnaires, à savoir chemins de croix et flagellations en public...
Les 10 commandements sont également affichés dans de nombreux endroits de la ville.

17 avril 2011

Geek in the bus

J'ai l'impression que les bus philippins sont plus modernes que les nôtres...

16 avril 2011

Carabao

Suite au désherbage, pelletage, préparation de fumier, nourrissage des porcs, empaquetage de légumes... on me propose de tester le labour avec la bête de somme locale, le carabao.
Dennis me propose de faire quelques sillons dans son champ, et je m'empresse d'accepter.

Dennis, la charrue et le carabao
Avec la petite famille
Aux commandes de la bête, Laurent fait le labour
Diriger la bête n'est pas si difficile ; il est plus ardu de la faire travailler sans s'arrêter pour brouter à gauche à droite. Après autant d'efforts (!), nous prenons un petit remontant, de l'alcool de coco et des patates douces frites.
Mare, la femme de Dennis, me raconte qu'elle est allée travaille en Arabie du sud et à Hong Kong pendant 6 ans. Elle n'a pas aimé porter le voile en Arabie, et a largement préféré HK où les gens sont sympas ; elle a même parlé de bonheur sans que j'en comprenne vraiment le sens... elle y a vu des filipines mariées à des étrangers, peut-être que l'ascension sociale l'a tentée.
Mare est curieuse sur les pratiques maritales françaises. Elle est surprise d'apprendre que le divorce est légal (et pratiqué) et que des couples peuvent vivre plusieurs années avant de se marier (ou pas). "Ici, me dit-elle, les gens restent en couple un mois puis vont se marier, parfois même une semaine seulement!". Et le divorce n'existe pas, n'étant pas accepté par l'église.

15 avril 2011

Jour et nuit

Volcan Banahaw, de jour

De nuit

14 avril 2011

Cabane pour la semaine


Le cadre est vraiment délicieux, calme et verdoyant.
Après Manille, c'est appréciable.


Les voisins, bruyants surtout au petit déjeuner


Je profite d'un repos pour aller me balader à la rivière ; Hill décide de m'accompagner, car l'endroit - pourtant tout proche - serait "dangereux". Il me conseille également d'emmener mon 'bolos', une sorte de machette, lorsque je vais me balader, "pour protection" me dit-il. Est-il vraiment sain de résider dans une région où les gens se baladent avec des machettes?

En soirée nous discutons des coutumes locales avec Edgar et d'autres hommes ; j'apprends que la plupart des hommes sont circoncis (cf Moïse et son fils dans l'ancien testament). Ils sont surpris d'apprendre qu'en France les gens ne le sont en général pas. Le sujet est pris légèrement, ils font des blagues sur la cérémonie, la démarche qu'ont les enfants après... les raisons fondamentales de la circoncision ne sont pas évoquées, il semble que ce soit davantage une habitude qu'une nécessité.

13 avril 2011

Petits et gros

Ici, tout pousse...
De l'énorme jackfruit ou jacquier (réellement la taille de 2 pastèques superposées)...
Au petit calamanci (sorte de petit citron vert)
... au mini-concombre sauvage (et délicieux)

12 avril 2011

Forçat d'un jour...

Je me mets parfois dans des situations bizarres. Comme creuser à la pelle et à la pioche un bassin large comme une piscine avec cinq philippins. Et l'incongru n'est peut être pas tant de piocher une terre compacte, constituée de caillasse, qu'il faut ensuite hisser deux mètres plus haut pour la déverser sur le talus. Mais plutôt de voir un étranger, avec ses lunettes de soleil, son t-shirt "Venez nager avec les requin-baleines aux Philippines" et ses chaussures de marche, pelleter à côté de cinq pinoy en claquettes, la peau tannée par le soleil.
Il y a Dennis, un grand gaillard père de deux petits garçons, FSL, Edgar - le boss -, un petit gars qui aurait du être sur les bancs de l'université et Hill, qui se la coule douce. Dennis pioche, et il pioche bien ; enfin, jusqu'au moment où l'extrêmité de sa pioche se casse, et que la tâche devienne ardue. FSL manie la pelle avec énergie, sûrement parce qu'il économise grandement sur le langage ; après avoir vainement essayé de me parler en tagalog (que je n'entends guère), il a décidé de me parler en Filipino Sign Language (d'où son surnom). FSL est quand même sympa, parce qu'il me prend sûrement pour un mec fragile mais qu'il ne le montre pas trop ; c'est dû au fait que j'ai poliment refusé de porter des sacs de caillasse de 40 kg, en me limitant au petit seau de 20 kg.
Edgar est imperturbable, et l'effort ne semble pas lui coûter. Une légende raconte qu'on l'aurait vu transpirer, un jour... Le petit gars, lui, ne dit rien, dans quelque langage que ce soit. Il pioche, pioche, et ne s'arrête que lorsque la pointe se désolidarise du manche. S'en suit une réparation à base de bande de caoutchouc à en faire pâlir Mac Gyver. Puis il reprend son travail, en laissant ses claquettes de côté, pour une raison qui m'échappe ; travailler pieds nus permet-il un meilleur contact avec Mère Nature et ses cailloux pointus? Enfin, Hill, à raison de 3 ou 4 paquets de cigarettes par jour, n'a pas trop le temps de piocher, et encore moins de pelleter. Alors il porte un sac de temps à autre, si on l'appelle.

Mais au fait, pourquoi creusait-on? Carmen et Edgar veulent un bassin pour élever des tilapia. Le trou était déjà là, mais pas assez profond. Et comme ici on fait tout à la main...

10 avril 2011

Agriculture organique




Afin de continuer à découvrir les Philippines, et à varier mes occupations, je me dirige vers la ferme de Carmen et Edgar. J'ai eu le contact de Carmen par Tony (de Hong-Kong), ami de David (du Japon). Carmen, Edgar et Tony sont en contact via une association humaniste. Edgar a d'ailleurs participé au "Human Peace Sign" de Lucena, en 2009.

Par hasard, j'arrive le jour de l'anniversaire d'Edgar, ce qui se fête par quelques coups de brandy local, au nom colonialiste de "Gran Matador Brandy". Ça a un goût de mauvais whisky et se boit mieux avec du soda.

Le petite village de Bogon, près de Sampaloc Dos, héberge de nombreux cocotiers et carabao.
Carabao au premier plan, mont Banahaw en arrière plan
Ici on cultive entre les cocotiers...