Il y a Dennis, un grand gaillard père de deux petits garçons, FSL, Edgar - le boss -, un petit gars qui aurait du être sur les bancs de l'université et Hill, qui se la coule douce. Dennis pioche, et il pioche bien ; enfin, jusqu'au moment où l'extrêmité de sa pioche se casse, et que la tâche devienne ardue. FSL manie la pelle avec énergie, sûrement parce qu'il économise grandement sur le langage ; après avoir vainement essayé de me parler en tagalog (que je n'entends guère), il a décidé de me parler en Filipino Sign Language (d'où son surnom). FSL est quand même sympa, parce qu'il me prend sûrement pour un mec fragile mais qu'il ne le montre pas trop ; c'est dû au fait que j'ai poliment refusé de porter des sacs de caillasse de 40 kg, en me limitant au petit seau de 20 kg.
Edgar est imperturbable, et l'effort ne semble pas lui coûter. Une légende raconte qu'on l'aurait vu transpirer, un jour... Le petit gars, lui, ne dit rien, dans quelque langage que ce soit. Il pioche, pioche, et ne s'arrête que lorsque la pointe se désolidarise du manche. S'en suit une réparation à base de bande de caoutchouc à en faire pâlir Mac Gyver. Puis il reprend son travail, en laissant ses claquettes de côté, pour une raison qui m'échappe ; travailler pieds nus permet-il un meilleur contact avec Mère Nature et ses cailloux pointus? Enfin, Hill, à raison de 3 ou 4 paquets de cigarettes par jour, n'a pas trop le temps de piocher, et encore moins de pelleter. Alors il porte un sac de temps à autre, si on l'appelle.
Mais au fait, pourquoi creusait-on? Carmen et Edgar veulent un bassin pour élever des tilapia. Le trou était déjà là, mais pas assez profond. Et comme ici on fait tout à la main...